« Sur la Lune,
En une pleine satisfaction,
J’éprouve les doux mouvements,
Les harmonieuses rotations…
Le cours serein,
La course tranquille de ma vie,
Me confia, minuscule, la créature ailée.
M’éveillant dans l’heure fraîche,
Je rejoins ordinairement ma fenêtre
En vue d’admirer la courbure,
La rondeur, la majesté de ta planète ;
Tout songeur, tout impatient,
Du jour comme de la nuit
Je ne cesse de goûter la splendeur.
Là, je tâte, je savoure, je bois
Vos montagnes, vos rivières,
Vos sables, vos geysers ;
Il n’y a pas un jour qui ne me voie
Admirer vos terres bigarrées,
Vos luxuriantes forêts,
Vos élégantes fleurs,
Vos admirables fruits.
Là, j’observe des hommes la diversité,
Des conceptions ainsi que des actes la variété ;
Et trouve même le formidable au fond
De la sottise, de la barbarie, de la folie :
Le prodigieux à l’intérieur de la loi physique
Aussi bien qu’en sa progéniture.
Et ces transports extraordinaires appellent la Poésie ;
Et de bien modestes sont souvent composées,
Qui régulièrement par lettres aériennes
Aux humains sont envoyées,
Lesquelles, aisément tu le devines,
Errent et demeurent sur le silence sidéral,
Parmi les inaltérables réponses
Du mépris et de l’indifférence.
Mais le mutisme à également cela de bon
Qu’il permet de mieux pressentir,
Parmi le chaos qui n’est qu’apparence,
Le secret des sons,
La mélodie cachée dans les recoins,
Les airs chantant en l’indicible éther. —
Ô coeur qui sait écouter,
Puisses-tu découvrir au travers de ma solitude… ma charmante Gaîté !
Ô ma digne et fidèle amie, sens donc !
Sens combien en cette disposition intérieure
Mon âme serait comblée,
Si de ce parfum, de ce visage, de cette symphonie
Le ciel me donnait de me délecter pour jamais ! »
Photo © iStockphoto.com / Pazhyna
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