Photo © iStockphoto.com / bestdesigns
Il est des paroles qui doivent soit parler, soit se taire à jamais…
Que regardant de près les âmes humaines,
J’éprouve les joies et les haines !
Que d’êtres et de choses peuvent résider
En de pareils lieux pleins à éclater !
Comme cette formidable scène porte en elle
Force oublis et force appels,
D’innombrables promesses
Et autant de tristesses !
Mais quelle chance aussi d’y pouvoir
Et descendre et déposer un vouloir !
Vie ! avec quelle affection mon cœur vous enserre !
Avec quelle amour mon alarme se resserre !
Ainsi, Sort ! Daignez recevoir mes plus tendres remerciements,
Pour l’ensemble de vos présents et pour vos châtiments.
Ici, dans ces cœurs où je me rends, tout évolue et rien de change :
Les peines et les satisfactions sont enveloppées d’un même lange ;
Les secondes s’écoulent, le sang trépasse,
Mais la nature des transports jamais ne se lasse.
Et ce sont eux, les responsables que j’abhorre,
Eux, les entités que j’adore.
Humanité, je te vois désormais, et, en mes yeux, la variété de tes reflets,
Forme journellement les mêmes effets ;
Parmi tant de diversité, cette constance me surprend :
Comment est-ce possible qu’au milieu du différent,
Au sein de l’infinité des nuances,
L’esprit soit en mesure de distinguer les alliances ?
Colère, Tendresse, Tristesse, Peur… peuvent-elles être diminuées :
En de simples couleurs être emprisonnées ?
Chacune, et même la plus primitive,
Ne constitue-t-elle pas un monde en définitive ?
Dans ce tableau tumultueux, mêlé au désordre,
Accompagnant les formes et évitant de me tordre,
Je sens les consciences, ressens le monde ;
Je vibre au rythme de ses beautés, de ses atrocités, de son onde.
Ô Dieux ! si désormais vous me voyez sursauter
Songez qu’à force dans ces eaux de tremper,
Les deux âmes s’étant mariées, nos natures mélangées,
Mon corps, mon être, toutes les choses n’étant plus gênées,
Maintenant se lèvent, croissent et s’épanouissent comme jamais !
Laisser un commentaire