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1. Phusiognômonia et haute justice.
Si la main d’une justice environnementale descendait de l’azur, empruntant les marches de son haut palais, non seulement elle ôterait les condamnables, mais encore leurs groupes à venir. Et pour ceux qui ignorent la façon de les bien distinguer, voici la bête sauvage, l’infirme, voici les marques de son inconscience impure, de son hérédité vicieuse : nez tordu vers le haut, regards obliques, oreilles sourdes, mâchoires cruelles, front tatoué de berlines gourmandes, suffisance des joues ; une figure approchant du type criminel… le plus commun.
2. De plaies et de larmes.
Nul besoin d’une conversation trop étendue, voyez seulement la manière où vous vous obstinez. Pour que cesse l’émiettement de vos allures et de vos démarches, et vaincre le méli-mélo de l’attention, ne vous reste-il pas, consciences atomisées, qu’un soin toujours vigilant, qu’un empire continuel sur vos forces abattues ? Serrez, serrez donc hautement les jours appliqués sur vos mains, dans l’angoisse si juste qu’ils ne s’échappent avant l’heure. Que par vos propres entretiens une rieuse fortune vous soit accordée ; que ces rêveries naissantes, que ces méditations heureuses vous acquièrent un dessein nouvellement établi ; et que cet objet allume vos ressources à le chercher et le poursuivre ! L’absence de but fournit assez lorsqu’il s’agit de perdre une nature de choix, et peut à elle seule tourner la chance d’une vie en une occasion quotidienne d’alarmes et de plaintes. Une joie se distribue à ces révoltes si inébranlables contre un certain affinement des voluptés creuses et provisoires ; voilà pourquoi vous devez atteindre votre condition et vous y amenez d’un bien plus auguste principe. À cause de cela, méditez dès ce degré les raisons que l’on invente pour s’unir plus longuement au désordre ; agissez, afin que vos capricieuses versatilités peu à peu se laissent conduire et que vos moments de confusion se fassent ordonner. Les quiétudes de l’humain sont des partages égaux : ne réduisez pas leurs silences, ne les murer pas dans le fracas du monde, loin des onguents infaillibles, au cœur de ces royaumes de plaies et de larmes.
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