1
Navires ailés. — Intrépides mâts de l’esprit, bravez l’onde inflexible et bouillonnante ; esclaves des éléments, accordez vos voiles à la favorable brise des Heures… Bondissez, ailes de la machine de fer, dont les pores aspirent à l’avenir ; dansez parmi l’altitude et proclamez la libération vierge ! Quand rejoindrez-vous les clartés du tombeau, les particules immortelles, le souvenir ému des peuples, où les merveilleuses natures sommeillent !
2
Gestation comique. — Quels que soient les humides couleuvres pour l’Évolution monumentale qui les supportent, — les mortels procurent du moins diverses sources au fou rire surnaturel de leur mère.
3
Éternels présents. — Les esthètes qui hument la timide Nature, et de qui dépendent les cœurs poétiques, en qui seuls parviennent l’autonomie, les lauriers et la vie continuelle, — sont aussi ceux que l’on supplie de peindre l’intérieur de leur âme et de léguer aux nations, lorsque l’époque leur agrée, les inappréciables et multiples chefs-d’oeuvre.
4
Mortelles attentions. — Celui qui cherche une consolation, et de qui l’esprit sain se défie, à qui seul apparaît l’illusion, la maladie et la folie, — est aussi le seul qui s’évertue pour rester dans le giron divin et pour lui sacrifier, à toute heure, de précieuses et mortelles attentions.
5
Raison incirconcise. — Âmes saines, âmes nues, âmes incirconcises, fiers et robustes enfants de la Raison, combien vous savez en dépit de votre jeune âge, en dépit de tout, vous bien garder des pourpres lacs d’une servitude sensuelle et assassine ; combien votre charitable élan, votre fougue vertueuse, votre action toujours heureusement juvénile excelle en la délivrance de traits rédempteurs ; avec une force toujours renouvelée, dans un morceau de bravoure obstiné, par la main régulière d’amènes expédients, que vos esprits s’enflent, ô noble et fidèle descendance, ô fils tant fortunés, parmi la danse, ô mâles voiles mêlées de constants souffles révoltés : et quelque effort que cela exige, en leur amour du bien et du vrai, que vos têtes prodiguent aux fols pensers d’alentour, à ces ennemis vagabonds, d’augustes coups de talon dans le ventre et sur le crâne !
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