1
Mouvement vital
Le chant s’élève et n’aspire qu’à la porter.
Que la conscience qui possède l’écoute
Apprenne à le reconnaître, à l’adorer !
Qu’en elle la joie, l’amour, le beau, le feu
Pénètrent peu à peu, et prennent leurs aises !
Que, telle la lumière entrant bien avant dans le verre,
L’Humeur nouvelle parvienne à l’intérieur de ses terres !
Pour lors, à l’endroit de cette âme attentive,
Qui saura la bonne manière d’accueillir son hôte,
Nous ne rassemblerons plus autant de soins angoissés,
Ne formerons plus tant d’alarmes, et, sans cesse,
Nos oreilles se délecteront de ses accents,
De ses charmes inédits, de ses boutons épanouis :
Pour lors, elles ne s’arrêteront de s’étonner
De ce que dans l’onde du monde, le mouvement vital,
La petite maîtrise un art fort rare, pour ainsi dire floral —
Celui, à toute heure, en tout lieu, d’heureusement se mouvoir.
2
Corps échancré
Une tête sur le sol posée,
Un vent frais par les narines humé,
Une eau claire des petits pieds goûtée,
La clepsydre du monde paraît presque figée.
La douceur, la tranquillité, le charme des lieux,
L’envelopper, c’est ce que la terre entière semble désirer.
Le liquide dérobé indique à présent l’instant de félicité ;
Temps et espace prennent une forme courbe ;
À l’entour, tout près, ici, étreignant l’être,
La prodigieuse Nature s’arrondit,
La créature se cambre peu à peu,
Les plis du vaste corps épousent les contours du mortel subjugué :
En l’indicible heure, en une réalité caressant, enlaçant le songe,
La côte s’incurve en une merveilleuse baie.
Photo © iStockphoto.com / Palladadesign
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