1
Méprises grossières. — Quelles paroles ! Et quelle extrême attention ! Combien les foules sont suspendues aux lèvres des piètres orateurs, au superficiel, au grotesque ! Dans le domaine des émotions, des sentiments, des idées pérorent sans cesse sur les scènes du monde les médiocres marketeurs, les parfaits menteurs ! Ah ! tous ces discours donnant au mensonge même, à la lourde, à la triste, à la grave méprise l’air de la sincérité, de l’évidence, de la certitude, de la lucidité ! Au-dessus les ombres flottent, des épées sont suspendues sur les têtes, menaces presque invisibles et cependant si réelles.
2
Du bon dans le vil. — Mépriser à ce degré le vil et laid, c’est une action non nécessaire. Car il arrive, et bien souvent, que par le contraste ils en fassent valoir le reste, c’est-à-dire le rare. C’est ainsi que les esprits détestables, par cette seule raison que leur figure possède moins de force, moins d’éclat, moins d’achèvement, sont à même de servir de repoussoirs à leurs voisins et que les choses de valeur, voire même les valeurs elles-mêmes apparaissent à l’intérieur de fraîches consciences, surgissant en quelque sorte… dans une manière de clarté nouvelle.
3
Éternels modèles. — Où que tu sois, tu te dois de ne point oublier et d’interroger encore et toujours les vieux maîtres, de te donner les moyens de faire sans cesse croître tes jeunes capacités techniques, et, tout en veillant que ton sentiment ne s’y perde, de grandir, de planer, parmi tes modèles, en ta propre émotion, en ta propre conception — dans l’éventail des possibles de ton imagination propre.
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Moulins du Temps
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