1. L’important.
Ce que l’on tenait pour étranger au frivole, pour sérieux, ce qui importait, abritait la grande valeur, était solide autrefois, l’essentiel donc, semble comme implacablement s’échapper dans les mains du temps. À peine un battement de coeur a suffi pour que, déjà, à nos yeux l’important disparaisse, emporté par le vague du souvenir, désormais bien loin. Ah ! assurément le difficile, selon le mot de Gide, « c’est de prendre au sérieux longtemps de suite la même chose ». C’est, avec constance, de prendre intérêt à tout ceci que l’on sait, hélas ! — vain.
2. Composition en feu.
À l’heure où l’on écrit pour le grand nombre, pour la quantité de lettres, pour influencer, pour séduire, pour vendre, et non plus, pour l’acte même d’écrire, à l’heure où l’on achève la blessée, l’admirable composition, combien se nourrissent toujours du feu de la composition ? Combien libèrent les pensées encore brûlantes, ces signes qui calcinent, ce verbe en ignition ? Écriture surveillée, contrôlée, soumise, police de caractères parfaitement lisse, pensée monstrueusement plate, aux regards altiers presque illisible, invisible : ce sont-ils éteints, tous les volcans du monde — ces augustes cracheurs de vérité, ces personnalités jadis révoltées, ces créatures de lave !
3. Vicissitude des choses humaines.
Je me lève et me mets à la quête, de ces âmes qui se laissent bercer dans les bras humides, au sein du flux et reflux des jours, qui, tout en badinant avec la vicissitude des choses humaines offrent à la vie son sourire le plus jeune, le plus éclatant !
4. Ainsi soit-il !
Oh, regardez, ces peuples qui disent amen à tout, et qui face à leur propre destinée, au récit de leur aventure se déroulant devant eux, semblent être telles ces grenouilles prisonnières de la casserole bouillant : paraissent attendre, comme stupéfaits, le cours du progrès… jusqu’à amen !
5. Ressort secret.
Autrefois, une angoisse naissait. Depuis, les secondes, les heures, les nuits se sont succédé, et, elle, tu l’as parfaitement oubliée. Tu es, à présent, envahi par des pensées détraquées, des comportements formidablement inadaptés — ah ! un vrai possédé ! Aujourd’hui, écoute donc : si, de tout cela tu t’en rends compte, ne t’efforce point trop d’en déterminer la cause, car certaines forces excellent à se cacher. Plutôt, examine davantage le miroir, et découvre, par tous les moyens, la manière de t’apparaître à toi-même moins déséquilibré : la manière, en ton existence, de mieux te détendre, la manière… de mieux débander ton être !
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