1. Ils n’en ont cure.
Comment parviennent-elles, toutes ces têtes, à supporter ces tonnes de déchets versées sur leur tranquillité ? Au moyen de quelle puissance, réalisent-elles le tour de force de contenir la colère, qui en ces heures détone en leur cœur par révolte contre la fatuité des frivolités, lesquelles, sous de grands airs, se croient autorisées à oppresser la sérénité ?… Mais oui ! Tout apparaît à l’horizon à présent ! Ces personnes ne sentent pas ces choses ! Elles ne connaissent pas, elles n’éprouvent l’odeur ni l’insupportable ; elles ignorent leurs bourreaux même ! Ainsi, qu’il faille s’occuper sérieusement des bagatelles, elles ne peuvent le savoir ! Qu’il soit indispensable, et à plus forte raison de nos jours, de prendre l’inutile au sérieux, ces corps ne sauraient tout bonnement se le figurer. Et l’on palabre, et l’on pérore, et l’on dégoise, toujours et sans faiblir ! dans les livres, sur les sites, à l’intérieur des journaux, longuement et avec le plus de pauvreté d’esprit possible ! Et l’on vous frappe, et les coups pleuvent de tous côtés, sans prévenir, avec le moins d’empathie : les histoires les plus ordinaires, les plus basses, les plus inutiles, les ennemies arrivent de partout ! Armés de la trique du terre à terre, on assomme, sans relâche et sans merci… — Tantôt pauvre victime, tantôt main assassine, tantôt triste innocente, tantôt âme impure, dieu ! combien du ridicule, du mépris… combien de tout ceci on n’a cure !
2. L’Histoire enfantée.
La maîtrise de leur domaine, celui dans lequel leurs inclinations et leurs aptitudes les a porté, les habite continuellement, — et les voilà ! qui nagent en ce qui à leurs yeux possède un sens ; les voilà évoluant dans leur matière, à l’écart du temps, à l’intérieur des voies de l’excellence, propulsés par les puissants moteurs de la curiosité, de la détermination, de l’inventivité. — Les voici ! les âmes éternelles, les navigatrices, les fascinantes créatrices du passé et du futur… les têtes façonnant les idées, les mains transmuant les choses — les flancs divins enfantant le monde, enfantant l’Histoire.
Photo © iStockphoto.com / JuanDarien
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