1
Habitus scellé. — La prééminence d’une manière d’être, d’une façon de se tenir, de l’aspect général de l’esprit se mouvant dans le domaine de la santé physique comme morale, j’entends cette domination de l’habitus physiologique sur l’habitus morbide, — voilà la manière d’être louable, voilà ce que devrait rechercher tout individu de même que tout groupe social désirant l’épanouissement et la durabilité, voilà ce qu’on pourrait nommer LA salubrité, LE nécessaire, l’urgence. Une fois tout ceci bien entendu, plutôt que de vaquer derechef et funestement à leurs occupations, les hommes seraient fort inspirés de se réunir autour de la vaste table du monde, et de dîner tous ensemble en vue de sceller leurs récents projets : fermer hermétiquement la fiole de leur fraîche volonté, fixer avec du mortier les pavés de leur heureuse détermination, ériger ce pont des plus sereins et majestueux, cette construction ailée lancée vers une autre, une noble, une haute destinée.
2
Touche impétueuse. — Au déclin de ses jours, et se tournant vers lui-même, le poète lâche sur le ton de l’intime confidence : « Mais est-il possible, est-il possible que tout ce que mes doigts ont produit de mieux évolue finalement dans cette manière de vérité artistique, en cette loi qui impose de rendre du premier coup les couleurs de ses sensations, de sa raison, de ses humeurs? Et si, en définitive, de mes pauvres productions l’authentique valeur résidait à l’intérieur de ce seul principe : en l’impétuosité, en cette sorte de clarté — dans l’instant, en cette nudité audacieuse, non dissimulée ? »
3
De la rature et de la persévérance. — La science, tout comme l’écriture, et d’une manière complètement contraire aux conceptions figées, à la pensée dogmatique, progresse sur ses erreurs, par ses ratures. Cette évolution qui souvent prend la forme de bonds ne devrait pourtant jamais faire oublier ce qui depuis bien longtemps rend ce progrès sensible : la volonté, l’énergie — le travail continuel sous-jacent. En effet, il n’est que cette force qui permette à la belle trajectoire de paraître, de se faire connaître, d’avancer ; un pas après l’autre, la confiance en une transformation véritablement positive, la foi dans un avenir plus clair, plus profond, plus vrai, prometteur, porte sans discontinuer le penseur et le scientifique vers le large et les profondeurs — toujours plus loin, toujours plus haut… ailleurs. Et tout ceci ne fournit rien de moins qu’un exemple convaincant de ce que peut, en l’esprit humain, en cette faiblesse puissante, la modeste persévérance.
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Du manichéisme.
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