1. Du style laconique.
Cet homme ne porte attention qu’aux personnalités passées maîtres dans le genre de l’aphorisme, dans cet art de s’égarer et de tromper d’une belle manière. Toute pensée humaine étant, dans l’absolu, bien contagieuse et fausse d’autant, il choisit ceux qui lui feront le moins perdre son temps. Il sélectionne ces bouches sachant qu’elles se trompent et s’exprimant en conséquence par la forme la plus adaptée : sur le chemin du bref, que par pointes — dans la voie du laconique. Il ne s’entretient qu’avec ces créatures heureusement élevées, qui honorent constamment la belle valeur, celle du majestueux silence. Oui nous pouvons l’affirmer, sans risquer en l’erreur de tomber : l’estomac de notre ami tolère exclusivement les salives honnêtes — les matières de ces organes dignes… les productions de Substances grises versées en concision lacédémonienne…
2. Soie dévoreuse.
Les humains, telles de petites araignées toutes besogneuses et affairées, inlassablement tissent leur toile. Ils y attrapent toutes sortes de choses : des croyances, des préjugés, des représentations, des interprétations…, par dizaines, par milliers — la plupart affreusement fausses. Mais comment pourrait-on les blâmer ? puisque tout ceci participe de la nature du besoin, de l’instinct, tient de leurs nourritures spirituelles « nécessaires » ?… — Et voilà comment, par la force de l’habitude, en cette soie si « vitale » les pauvres âmes finissent par s’emmêler elles-mêmes : dans la gueule des enchevêtrements de fils pernicieux, à l’intérieur d’un piège d’acier, en ce fatal tombeau se rétractant insensiblement — en ce « Soi » cruellement devenu… Grand Dévoreur !
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