1
Drôle d’impression
Ne faut-il pas, à présent,
Répandre dans les têtes
Des impressions hautes,
Résistantes et durables ?
Imprimer dans la mémoire,
Dans cette âme des siècles,
En vieillesse et jeunesse,
En cet esprit planétaire
Le respect des droits,
Des valeurs, des autres,
Du monde comme du soi ? —
Cependant, toujours est imprimé
Le reste, le dérisoire… le vide ;
Encor méconnaît-on en tout lieu,
Encor méprise-t-on constamment
Les immuables et valables principes :
Tout ce qui forme chez l’humaine bête
Sa grandeur ainsi que sa fierté,
Sa dignité de même que son humanité.
2
Édifiés !
Ne vois-tu pas tous ces doigts
Qui, dans la fureur violente,
Qui, emplis de frénésie,
S’approchent par trop de toi ?
Constate si à la curieuse route,
En impasse, à ta perte
Ceux-ci ont soif de te mener !
Ciel ! pourquoi n’entends-tu pas
Leurs beaux et longs discours,
Leurs formidables exemples
De rire faire même pleurer
Le cœur le plus froid,
La nature la plus austère ?
Que diable ne sens-tu davantage
Combien, affichant leur conduite,
Leur bien précieux modèle,
À leur insu ils s’enfoncent
Profondément, profondément… —
Loin à l’intérieur du risible ?!
Que ne t’aperçois-tu enfin
De ce degré, tel ! où l’aveugle esprit
N’aspire qu’à édifier —
Qu’à édifier le borgne !
Photo © iStockphoto.com / berdsigns
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