1. De l’identification.
Comme le monde te semble tout froid, distant — un parfait inconnu ! D’un côté et d’un autre, en divers endroits, combien tu te sens terriblement à bout de souffle, te crois profondément esseulé ! Jamais tu n’as appris à humer le parfum de ses fleurs, tes mains n’ont voulu accueillir ses beaux fruits et ta sensibilité n’a essayer de vibrer avec lui. Cependant, curieux humain ! négligeant les atomes, méprisant les insectes, aveugle aux corps célestes, ne t’identifiant aux choses au-dessous de toi, au-dessus, alentour, à ces paumes, petites et grandes, qui t’entourent, t’enveloppent, à la Nature qui te baigne et te porte, toujours tu éprouves l’inquiète surprise de ne rien saisir, entendre, ressentir du tout, et de demeurer bien en retrait — derrière le mouvement, la mélodie… loin de la danse, de la vie !
2. Nature de la faim.
Comment et quand saurait-on vaincre l’abomination, le véritable monstre aux milliards de pattes que constitue l’élevage industriel ? En engageant vivement les hommes à s’asseoir à la table de leurs sensations, en les invitant à goûter entièrement certaines de leurs timides intuitions : par un effort d’observation et de réflexion, ils obtiendraient au moyen d’actions et de soins l’intelligence de ces êtres si différents et toutefois si proches. Alors, quand ceux-là, s’évertuant pour penser et éprouver comme ceux-ci, seraient à même de devenir les animaux qu’ils sont eux aussi, quand dans les papilles gustatives et les têtes innombrables des aliments supérieurement lumineux feraient leur apparition, le géant immoral, le meurtrier planétaire pourrait commencer de trembler : une faim inédite se rapprochant, on pressentirait un déclin imminent — une tout autre fin.
Photo © iStockphoto.com / tommasourbinati
Laisser un commentaire