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Les flèches du Temps peuvent bien continuer à essayer de percer notre chair, à tambouriner contre nos tempes, à faire vaciller notre âme : elles nous rendent, nous, les esprits hardis, bien plus vivants, bien plus conscients. Car nous avons appris à reconnaître ses escarmoucheurs, et à incorporer leurs mouvements — à transformer leurs agitations. Nous sommes au fil du temps devenus des sentinelles aguerries, des attrapeurs distingués de vibrations et des transformateurs d’ondes.
C’est ainsi qu’à la brutalité des pointes nous opposons la douceur de notre noble mouvement et que face à l’ombre ardente des flèches nous hissons notre bouclier : nous élevons le parasol coloré et rafraîchissant de notre rire lumineux !
Que nous est-il arrivé ? — D’un fleuve infernal, nous en avons fait une fontaine de calme et de joie ; avec ses eaux que jadis nous croyions vaines, impropres et obsédantes, nous sommes parvenus d’abord à humidifier, puis à alimenter nos entrailles assoiffées ; peu à peu notre cœur affamé s’est mis à se nourrir d’elles, à les rechercher même, à vouloir coûte que coûte s’hydrater au moyen de cette énergie transformée, de cette source nouvelle, et, dans un moment d’une inspiration inouïe, ce même coeur a aspiré à la fabuleuse baignade dans cette mer qu’il a voulue neuve !
Et c’est animé de ce désir et de cette force « fraîche » que nos cœurs vibrent maintenant ! Et c’est par ce battement inédit qu’ils répandent une vie plus limpide, plus fluide et plus vigoureuse ! Plus stimulante et tonifiante, — plus vivifiante ! Enfin c’est remplis d’une cadence d’une autre nature qu’ils déversent leurs ondes majestueuses, leurs ondes joyeuses !
Coeurs vaillants ! cœurs battants ! voyez cette multitude d’âmes augustes et prodigues !… Toutes ces cavités désormais pleines qui répandent leurs belles paroles, leur humeur rieuse, leur santé prodigieuse !… Toutes ces consciences qui se contractent, se lâchent et vibrent à l’unisson ! Ne craignez pas de vous intégrer à la rythmique, de vous mêler à la musique — de participer, de contribuer, et d’enfanter la symphonie !
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