Culture, kitsch et authenticité. — Vouloir élever son point de vue, c’est vouloir s’arrêter un instant et déposer l’attention sur le caractère esthétique des phénomènes. Et c’est reconnaître la corruption du goût ainsi que l’émiettement et de ce parfum et de cette saveur ; c’est flairer les méprises, les alertes, les désordres inouïs de l’art. Une crise règne ; les multiples atteintes gênent cette faculté qui fait sentir les charmes et les brèches de ces productions des hauts-fourneaux, ces dons humains de l’altitude ; qui fait convenablement discerner les caractères atypiques des enfants de l’invention et de la culture. Que disent-ils ? Le goût ne tremblerait pas ? Le raffinement instable ne cheminerait sur la route de l’amnésie ? Ha ! ne s’agit-il point du mot de la preuve, bien que ce soit l’écoute de la mollesse ? Isolés du bon goût, aux têtes essentiel, on peine à voir les efforts soutenus de sa genèse ; et tout semble exciter une dénaturation sans entraves. De tels états imposent ceci : le naturel mesquin, de nos jours, recherche où jubiler de colère et de ravissement, le mesquin, bientôt l’habitent ; il s’accroît, court dans la débauche et déjà prodigue sa furie. — Et voilà que l’on nous affirme qu’il ne faudrait prendre ce faux, cet anti-art, ce Kitsch au sérieux ? On observerait donc l’inauthenticité, la surcharge, la laideur se renouveler sans cesse, éprouverait les tourments et les périls d’êtres parmi la décrépitude, et en nous efforçant toujours davantage vers le plaisir ? Las ! quoique visible, quoique ténébreuse, nombre d’individus de la vérité ne s’étonnent ; et bien peu nourrissent encore, à l’endroit de ces choses, un sentiment digne : qui gronde, qui s’échauffe, qui va jaillir… cette aversion, ce haut-le-cœur, cette nausée.
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