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Coupages de cheveux. — Combien cette plume est légère, fluide, surprenante ! Voyez avec quelle volonté, quel sentiment, quelle impétuosité elle déverse son inspiration. L’intelligence ainsi que les doigts déliés, telle une peintresse exquise conduite par une force surnaturelle, elle réalise ses multiples compositions, et non pas en usant de coupages de cheveux en quatre, mais par la main de l’enthousiasme, de la fougue, par la foudre ! Observez !… C’est dans l’éloignement des sombres bords de la technique aveugle que sa liberté ose respirer, à l’écart des règles mortifiantes pour les organes du corps et de l’esprit que l’éternel artiste toujours aspire à évoluer ! Et il a presque réussi… — Mais comment y est-il parvenu ? Qu’a-t-il fait ? À quel prix ? Il s’est d’abord intéressé au réel, au naturel, à la vie ; puis, après l’avoir bien observée, il s’est demandé quels étaient les procédés capables de la lui faire mieux représenter. Dès le départ, il a simplement voulu saisir le présent, le fond, la spontanéité, et, habité par cette aspiration aussi tenace que légitime, propulsé par un puissant élan, une détermination, une certitude inaliénable, le cœur envahi de grâce, il n’a eu qu’à s’abandonner, en pleine conscience, aux véritables actes — à ces seules manifestations en mesure de lui en communiquer directement les moyens.
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Troublantes lectures. — On croit, en approchant l’écriture de ces auteurs, qu’au préalable, il n’y a eu chez eux nul effort de pensée ; en outre combien la réalité à représenter paraît fidèlement respectée ! Yeux et oreilles du monde accourent, se rassemblent… les écoutent et les voient parler d’opinions, d’impressions, de souvenirs, de ces divers objets formant la matière hétéroclite de la curieuse expérience terrestre. Et il y a là, et avec quelle force ! en ces troublantes lectures, si sincères, si naturelles, si limpides ! l’intime sensation que jamais les maîtres ne connurent les achoppements ni les fatigues de la composition : car, tout n’est que sons, accords, langage inouï… lignes courbes, fluidité… — jaillissements ! Tout se lève et vient et se mêle aux configurations délicieuses — se comporte à l’égal de ces sources fabuleuses qui, après avoir longtemps reposé dans le secret des entrailles, dans le flanc, au sein de la terre, commencent, avec une assurance indicible, de se dresser, de verdir, de s’enfler et de sortir.
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Apprivoisés
Des illustres… de vrais perroquets !
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Le Xénope et la Capselle. — Il se trouve, tout près, dans la nature des hommes, deux voies qui sur le fond se détachent. D’un côté, vivre comme une charmante petite herbe, parmi la discrétion, l’élégance et le silence, de l’autre, tel cette sorte de vilain crapaud, en l’agitation, l’enlaidissement et le coassement. Ainsi, soit dans la verdeur, dans la fluidité, en la gaîté ou en plein grisâtre, en pleine lourdeur, en la morosité.
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