1. Cercle de poètes.
Sur une planète lointaine, une conscience extraterrestre au milieu d’une société des plus atypiques prit la parole et s’exprima ainsi : « Hier, j’ai fait le rêve d’être un humain parlant à d’autre humains, mais, chose étrange, personne ne comprenait ma langue. » Un des membres de la modeste assemblée, subissant une émotion soudaine, l’interrompit en s’exclamant de surprise et de joie : « Eh bien ! Camarade, maintenant te voilà un des nôtres ! Te voilà un des nôtres ! Sans doute l’ignores-tu encore, mais le jour où dans ta clairvoyance naquit ce songe fut celui de ta seconde naissance ! Pour la toute première fois en ta si jeune vie, tu rencontra l’expérience qu’avant toi, depuis des siècles et des siècles, d’autres avaient connue à maintes reprises : tu éprouvas ce qu’éprouve presque à chaque heure et en tous lieux le véritable poète ! » Dans le même moment, en bas, quelques bipèdes inspirés, par les vents sur le globe disséminés, plongèrent par hasard leur esprit dans le gigantesque firmament : il leur sembla, un instant, qu’une manière de cercle lumineux brillât tout là-haut ; et cela, avant que leur vision ne se fissent happer par quelques humaines considérations, qui tels des fauves irrésistibles erraient dans le voisinage.
2. Posture éducative.
En cet instant que les flots de paroles, que les maux cessent ! et qu’une considération plus générale ait bientôt été entendue et surtout, comprise ! J’entends par là cette voix qui, telle une limpide source ne tarissant jamais, jaillit de la bouche des illustres voyageurs parcourant la vallée des siècles, et résonne inlassablement sous la voûte céleste : « Dans les classes, une chose est absente, ou bien insuffisante, tout à fait essentiel cependant : la compréhension, à l’intérieur des petits cerveaux en construction érigeant leurs échafaudages dans un banc de brume, de la prééminence du savoir recherché par l’esprit naissant lui-même, de la prééminence du savoir critiqué sur le savoir docilement accepté et bassement avalé ! »
3. De la discipline.
Il serait bien aisé de croire durablement à la prédominance des sphères psychiques sur les physiques ; seulement l’expérience individuelle et la science vont ensemble dans une tout autre direction. La discipline que l’on s’impose à soi-même, dans le champ de ce que l’on nomme actuellement, par un terme tant usité, et autant galvaudé, développement personnel, n’est en mesure de se correctement fonder que sur une éducation complète du corps entier. Ce dernier doit clairement et pleinement concevoir ses besoins, et accepter dans un premier temps de se lever, puis de convoquer et enfin de mettre en branle toutes ses plus hautes instances, s’il désire se donner les moyens nécessaires à son propre contrôle et, finalement, à la réalisation de son dessein. Entrent donc ici en jeu la volonté, le caractère, l’humeur, les capacités, mais également la physiologie irriguant les fibres, les tissus, les organes : l’être, dans son ensemble. Nonobstant ce, qui sait si nous ne rencontrerons pas toujours et toujours les mêmes idées fausses aux mêmes endroits qu’autrefois et à présent, ou des formes plus étranges encore sous lesquelles celles-ci, après une malicieuse évolution, insidieusement se cacheront !
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