1
Buste brûlant des monstres
2
Funeste prédicateur
3
De la grandeur. — La grande poésie est comme la grande musique, comme la grande peinture, comme la grande physique : elle s’adresse directement à l’intimité de l’âme, et ouvre ses yeux, sur la délicatesse, sur la pudeur, sur la sublimité des choses.
4
Plainte charmante
5
Maladie aiguë. — La bouche se déforme… la langue tourne, virevolte, s’exprime dans une apparente licence… À la fin, le diagnostic est posé : l’évidence se manifeste — maladie aiguë du bon sens. Il existe ce moment de la vie d’un homme pendant lequel le trouble est à son plus haut degré de développement ; il gronde, frappe, se répand dans ses veines, corrompt même la conscience la plus pure, soudainement, et avec une intensité rare ; la crise est profonde, le péril considérable. En cette période qui emporte la décision, seuls quelques individus perçoivent l’intime canon d’alarme, et parviennent à s’ôter le doux et lent poison : après d’âpres et longs combats, ils s’en expurgent ; faisant face à la terrible substance, ils réussissent, en une sorte d’effort surhumain, à l’écarter de leur esprit, devenant des manières de héros pour avoir atteint l’exploit, à l’écart de la crainte, de la bannir complètement. Ils ont presque vaincu la sottise, par la raison qu’eux détenaient une arme quasi décisive, qu’eux seuls possédaient le souverain remède — le sens aigu des réalités.
6
Exorcizare. — Croit-on vraiment en l’inexistence des démons ? Ne les voyez-vous point se fortifier à l’intérieur de vos propres natures, à l’intérieur de la nature des possédés ? Délivrer, délivrer… exorciser, exorciser ces entités : voilà une hantise bien réelle ! Voilà une tâche agitant les grands esprits depuis des siècles, et ce, que celles-ci soient nommées infini mathématique, infini physique ou infini absolu.
7
Surface et sensibilité. — Voyez sa surface aérienne externe, sa surface interne et sa surface racinaire ! Admirez la gigantesque, l’époustouflante créature ! De par l’ampleur de ses surfaces d’échange avec le milieu, de par sa nature même, le créateur ne peut que posséder une formidable sensibilité : il a germé, et se déploie désormais, dans la vue de capter, de goûter et d’éprouver invariablement, il communique avec les éléments d’alentour, danse sur les rythmes intimes du monde… — Ressentant l’intensité des choses, palpant, épousant de tout son être les ardentes palpitations du sol, au milieu d’« autres espèces » bien étonnantes il vibre tout à fait différemment ; sa volonté emploie sa vigueur d’une manière autrement bénéfique, son existence circule avec aisance au sein d’une modalité autrement singulière.
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