1. La couleur des discours.
A : Les lumières des discours suffisent pour que l’on adore leurs obscurités. — B : Mais, que dire, quand les clartés sont des illuminations insidieuses ?
2. Indisposition.
Les soupirs de ces natures ensommeillées nous indisposent.
3. Enveloppements silencieux.
Une rieuse lumière se dégage des choses ; nos raisons n’en découvrent point les marques. Elle baigne lieux comme jours, elle veux toucher nos pudiques impressions, et nos organes échouent à en saisir les moindres effets. Les doigts du monde s’empreignent de toutes parts sur le sable de nos consciences, mais notre froideur épouse ces lignes vagabondes, sans égard pour ces merveilles qui l’effleurent, qui la choient, qui l’enveloppent.
4. Reposer ses angoisses.
Nous nous figurions que l’humain, après s’être purifié de ses créances traditionnelles, bondirait comme ce rayonnement captif de la matière, lequel, lors du prodigieux éclaircissement, connu ses hardiesses primitives. — Nous sous-évaluions son besoin d’assurance, et son ingéniosité dans la construction d’assises où reposer ses angoisses de fer.
5. Souffler les bougies.
Un scientifique parla en ces termes : « Nous disons qu’il est trop incertain de résister à la “tyrannie” de la méthode expérimentale : l’imagination, ou plutôt la fantaisie, se dispense un peu des preuves, mais pour bientôt s’y laisser mieux envahir, mais pour déjà s’y associer d’une manière plus étroite. Si votre ambition de nous surprendre par vos figures se gonfle à l’excès, il vous faut nous éteindre, il vous faut souffler nos bougies. Eh quoi ! volontés superstitieuses, pensiez-vous que vos desiderata, affermis par une si faible éloquence, nous referaient et nous changeraient en crédules nouveaux ! »
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