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Volupté proche
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Rênes flottantes
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Des Trésors
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Un espace et un temps pour les esprits libres
par Vincent PAYET
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Volupté proche
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Rênes flottantes
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Des Trésors
Photo © iStockphoto.com / MarinaMariya
par Vincent PAYET
Un homme, juché là-bas sur son mât, n’avait pas rejeté la maladie. Comment le pouvait-il, bien que le préjugé, la société, l’autrui cependant insistant, employât tout son réseau de forces pour l’y contraindre, et se démenât comme si l’accomplissement de ce dessein était chose possible ? Mais combien notre ami savait, au fond, que la santé n’est pas le contraire de l’affection, que le duo d’opposés, ici, comme bien souvent ailleurs, n’est qu’une illusion tenace ! Combien ce fin connaisseur de la psyché sentait que Morbidité et Sanité s’adonnent depuis toujours à une sorte de perpétuelle danse ! que l’homme sain ne réside, en définitive, non pas dans un état rigide, mais dans un processus dynamique, dans une désintégration de la personnalité constante, que la sérénité elle-même est une quête continuelle de la stabilité : pareille à la marche, une suite harmonieuse de déséquilibres sans cesse rattrapés — un mouvement essentiel, un trouble salutaire… un rétablissement permanent ! Oui, dans son monde, face à l’incrédulité de la foule, le sage haut perché continuait de soigner ses humeurs, avec une délicate et sérieuse attention. Ainsi, face aux vagues de pensées négatives tourbillonnant sans fin, aux creux et aux crêtes déroulant leurs formes sinistres, leur funeste figure, face à ces lames mugissantes crachant les menaces, répandant leurs eaux macabres, leurs périls sans relâche, le navigateur averti continuait d’avancer dans la constance et la promptitude, contournant les spirales assoiffées, chevauchant les humides obstacles, surmontant écueil après écueil. Un marin, cheminant au loin, de hasard aurait pu alors apercevoir, dans la tempête, en pleins tourments, au cœur de cet étrange océan : une personnalité, une âme toute dressée ; une volonté formidablement sûre de sa connaissance ainsi que de sa puissance… de sa bonne destination comme de son éternelle guérison.
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par Vincent PAYET
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Constructions mentales
Il en est d’un ouvrage d’esprit comme d’une construction matérielle ; l’un et l’autre ne peuvent se passer de dessins ni d’échafaudages, d’une vue d’ensemble ni d’outils adaptés à l’élaboration sensible. Pourtant, à la fin, l’oeuvre étant laissée nue devant l’observateur, ce dernier se l’imagine venue pour ainsi dire d’ailleurs. Il se représente une inspiration s’originant en quelque sorte dans les confins du ciel, une puissance guidant une main et une volonté ignorant ce que sont hésitation et égarement. En somme, on se trompe sur l’absence de la conception et du chantier ; on croit, à tort, à l’inexistence du travail préliminaire, de l’effort et de la détermination — tous sont nécessaires, ô combien ! à toute véritable œuvre. — Et, quand bien même cette méconnaissance du processus créatif ne s’opposerait, parfois, à une intense délectation en la contribution, elle ne constitue pas moins une erreur, — une bien ordinaire et souvent si heureuse illusion.
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Une tout autre Recherche
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par Vincent PAYET
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Douleurs et Respect
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Astre créateur
Ô Mousse quantique toute gaie !!
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par Vincent PAYET
Ah ! qu’ils négligent la science et les personnalités éminentes passées ! Cependant, quelles taupes ! quels myopes accomplis ils seraient sans les prodigieux battements d’ailes dans les conceptions de l’humanité, sans ces splendides architectes qui, de tout temps, par leurs pensées élégantes, simples, par leurs supérieurs éclairs fulgurant à l’horizon, par leur théories qu’on dirait venues du ciel, ont su ériger puis élever les opinions humaines et, dans des espaces d’une altitude sans cesse croissante, embrasser — et permettre que les sociétés embrassent ! —, un nombre considérable de vérités sur les choses et leurs aspects ! Ne désespérons de rien toutefois ! Il existe, et existera encore et toujours, des individus qui sèment de clairvoyance les natures d’alentour aussi bien que les diverses affaires en cours et y maintiennent leur digne activité, amenant graduellement autrui à y participer degré par degré. Ces derniers réduiront significativement, du moins nous est-il est permis de l’espérer, le domaine de l’indifférence à l’égard de la beauté et de la compréhension des phénomènes naturels ; et, finalement, après les siècles des siècles, cette trajectoire mentale par l’ensemble des peuples épousée sera regardée dans le monde comme une heureuse destinée : considérant pour lors les égarements, les folies pures, les premiers balbutiements de la Raison, on dira sans nul doute par-devers soi combien il aurait été possible, en progressant sur des voies fort différentes, de s’égarer davantage et à l’intérieur d’un moment d’une autre durée… ; combien il était nécessaire qu’on se fourvoyât à ce point afin que l’on pût, en un futur favorable, percevoir les fraîches aurores, concevoir et sentir les nouvelles clartés — éprouver leurs rayons éternels, ces biens de fortune dès l’enfance aux hommes accordés. Armons-nous de patience ! et tenons-nous donc bien assurés du succès de l’entreprise : à force d’y réfléchir, cette manière de voir et d’éprouver formera peu à peu sur les consciences une marque, une empreinte, une figure toute familière ! Comment saurait-il en être autrement ?
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par Vincent PAYET
Acupuncture nouvelle
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par Vincent PAYET
Marche rapide
Il s’était avancé de quelques mètres à peine sur le chemin, lorsque, se retournant, il voulu retrouver du regard certains de ses amis et de sa famille — mais ces derniers n’étaient plus. Leurs pas avaient fui, sans même le prévenir, sans s’en apercevoir eux-mêmes vers on ne sait quelles lointaines contrées. Et c’est le souvenir que notre ami tente de retracer à présent, et à travers cette sorte de figure en bribes, les traits estompés et tant proches qu’il s’efforce à saisir, à embellir, à transfigurer. Et c’est avec la plus sérieuse promptitude qu’à l’urgente tâche il s’attelle, car, il ne l’ignore pas, les sourires, les larmes, les visages sont si vite par le temps dévorés ; car il le sent : sur leurs voies propres, si vite marchent les morts.
L’esquisse
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