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Qu’on aime à infliger à son être de formidables souffrances !
Et que de douleurs si vastes errent dans une si minuscule ménagerie !
Que d’idées, d’attitudes, d’actions envahissent, au sein de la « morale », de l’éducation, des mœurs, des civilisations, des cultures, la sphère du contre nature !
Et que de repentirs profonds et inesthétiques peuplent tous ces tableaux humains !
Les fonctions digestives sont troublées, et les maux persistent : le « mal » prospère. Pourtant les hommes semblent aspirer aux nausées et aux vomissements, et toujours davantage ! Les individus agissent comme animés d’une inextinguible soif de décadence, comme aspirés par la spirale infernale de la dégradation physique et psychique.
Le corps et l’esprit de sa créature étant dérangés, peut-on encore s’étonner à ce point que la vie elle-même éprouve un formidable haut-le-cœur ? Car comment des phénomènes aussi inouïs, se produisant en ses propres entrailles, pourraient-ils la laisser indifférente ? Peut-on, qui que l’on soit, demeurer insensible à une misère de cette espèce, à de pareilles secousses sismiques ?!
En somme, comment serait-elle capable, cette existence, même armée d’une telle vigueur, de contenir de tels débris, de telles cendres, de tels cadavres ! Eh bien, elle ne l’est pas !
Et devant tant d’horreurs, elle est saisie d’écoeurement : elle aussi subit, mais pour des raisons bien différentes… le terrible égarement… l’effroyable… mal de cœur.