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Les vérités actuelles, celles que nous pouvons effleurer, percevoir, apercevoir, celles qui appartiennent au « domaine visible », c’est-à-dire plus ou moins discernables par notre esprit moderne, unissent intimement les teintes et ressemblent à cette vaste palette aux couleurs variées et mêlées, à cette échelle aux innombrables degrés, aux nuances infinies.
Ces certitudes du moment, ces connaissances et ces évidences relatives, ces croyances, portent en elles des mondes riches en matières, en déformations, en rayonnements divers. Des mondes dont le tissu est formé par des « matériaux » de toutes natures : les contradictions, les préjugés, l’inexactitude, l’incertitude, le proche et le lointain, l’éclat et l’ombre, — la raison et la folie.
Et n’est évoqué ici que le domaine visible, cet ensemble « accessible » à l’oeil humain ; je ne parle même pas de ces « couleurs » différentes que l’on ne sait pas encore regarder, entendre, sentir, ressentir, comprendre, imaginer… de ces tons, de ces propriétés, de ces configurations à la texture et à l’allure insoupçonnées, de toutes ces choses que l’on est incapable d’entrevoir — ni même d’oser entrevoir —, qui sont au-delà de notre horizon présent — et pour certaines, par-delà notre univers observable — et, par voie de conséquence, qui nous sont temporairement ou à jamais tout à fait étrangères.
Car en effet, il y a d’autres sortes d’infinis que celui du spectre de la lumière « blanche », bien d’autres types d’ondes, de rayons invisibles à nos yeux, de gammes de fréquences ignorées, — de réalités inconnues, de vérités dissimulées… tout autour de l’humain et à l’intérieur.
Tant de radiations, tant de spectres même attendent d’être mis en lumière. Mais comment espérer s’en rendre compte en restant prisonniers des dogmes, en désirant le confort et la sécurité des conceptions admises, des limitations, de ces cellules que forment les représentations, les abstractions, les prédicats et postulats individuels et collectifs ?
Notre culture, l’évolution, le progrès réclament leurs astronomes, leurs physiciens… J’entends tous ces êtres recherchant la luminosité et ne craignant pas l’obscurité. Des individus qui, face au soleil comme dans les ténèbres, entreprennent d’ouvrir l’oeil, — et bien grand, avec audace !